JEAN DE LAFONTAINE - Ecrivain

de la Fontaine, je boirai de ton eau – Le Faucon et le Chapon

Qui ne connaît pas les Fables de la Fontaine? Mais saviez-vous qu’il en existe plus de 200? Certaines sont connues de tous, alors que d’autres le sont beaucoup moins. Mais elles sont pour la plupart toujours d’actualités. Chaque semaine, nous vous proposons une réflexion, un regard, sur une des fables de la Fontaine. 

Le Faucon et le Chapon

Poisson, Poule mouillée et Mouton; tant de façon de nommer les niais et les poltrons. De l’autre, on se nomme Ours, Loup ou Lion; on a la puissance du Tigre et l’œil du Faucon, mais on ne veut surtout pas celui du Dindon de peur d’en être la farce. Pourquoi s’imposer tant de caractéristiques, qu’elles soient lâches ou épiques, pour se décrire autrement que par notre unicité respective; serait-ce que nous nous croyons parfois mieux que les humains, car empreints d’une nature possiblement hybride?

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Chez nous – sapiens bipèdes – il est coutume de se positionner comme le héros, le protagoniste de notre propre histoire et paradoxalement, lorsque les choses se corsent, nous prenons l’habitude d’agir comme si nous n’étions que spectateurs. On voit le succès et la richesse chez d’autres que soi-même et on part en peur; celle de n’avoir aucune part dans ce gâteau. Toutefois, on côtoie ou contemple la misère ailleurs, et parfois même la violence, sans se soucier s’il est à nous, ou non, d’agir. 

Le diligent regarde la passivité et le voit fainéant ou paresseux. Il n’y a guère à comprendre si ce n’est qu’il est celui des deux qui mérite de par ses offrandes quotidiennes toutes les prières et les récompenses. Qu’en est-il de celui qui par son apparente indolence est déjà jugé, voire châtié ? Il ne peut que se contenter d’observer la foule affolée dont inconsciente que de n’être que fourmilière désorganisée. Peut-être reste-t-il assis parce qu’il ne confond pas le travail acharné et l’avidité pour de l’accomplissement et la prospérité?

De nos jours, il nous arrive trop peu de déterminer qu’il n’existe aucune différence entre un Faucon en liberté ou un Chapon au poulailler. L’un vole de ses propres ailes, car la vie lui en a donné la possibilité; l’autre rêve qu’un miracle puisse lui faire les mêmes grâces. Cependant, soyez bien certain que ni l’un ni l’autre ne conçoivent que le problème réside sûrement dans ce qui les séparent injustement. Il serait donc possible que le mythe de Babel, cette incompréhension à surmonter, réside plus profondément que le langage, qu’est-ce que vous en pensez?

Extrait marquant

« Si tu voyais mettre à la broche tous les jours autant de faucons que j’y vois mettre de chapons.»

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