de la Fontaine, je boirai de ton eau – Le Renard et le Buste
Qui ne connaît pas les Fables de la Fontaine? Mais saviez-vous qu’il en existe plus de 200? Certaines sont connues de tous, alors que d’autres le sont beaucoup moins. Mais elles sont pour la plupart toujours d’actualités. Chaque semaine, nous vous proposons une réflexion, un regard, sur une des fables de la Fontaine.
Le Renard et le Buste
Qu’ils soient conte moralisateur ou bien la blague d’un farceur, les deux partagent les dires que les plus courtes sont souvent les meilleures. Ici, La Fontaine nous en fait l’exemple par l’éloquente simplicité d’une pensée bien orientée. Les soins de la parure, nous n’avons point besoin de le cacher, reste tout de même la tâche à laquelle le plus de gens sur Terre s’affaire d’entretenir au détriment de tout le reste. Laissez-moi quelques lignes pour que là-dessus je déblatère.

Nous croisons amis et confrères dans les rues, au marché ou dans notre chaumière; et à tout coup que l’on se demande si l’on va, nous acquiesçons sans broncher en retournant à notre interlocuteur cette question qui n’a que ‘’oui’’ comme réponse. S’il fallait que des deux nous étions le triste ou le malheureux, que dirait-on de nous? Alors chacun tient son masque bien haut, convaincu de la perfection de notre supercherie nous déambulons sans jamais prendre le temps de cultiver ce qui naturellement devrait émaner.
Si la surface ne sert qu’à cacher le vide, pourquoi ne pas lui donner un peu de volume et moins se soucier de son aire ? Peut-être qu’ainsi les choses pourraient enfin gagner en densité et en profondeur sans pour autant n’être que du vide à combler. Prendre substance, devenir matière c’est être authentique; alors pourquoi se vider de son tout pour paraître plein. Se projeter plus loin que le bout de son nez est un témoignage de la maladresse de l’être à rester en place et de son incapacité à s’habiter soi-même.
On est bien que chez soi, dit-on. Alors qui peut s’étonner de voir autant de tristesse lorsque l’angoisse et l’anxiété sont les seuls colocataires qui daignent rester dans les miasmes de nos pensées? Et si on a la tête pleine d’air, sachons tout de même le changer histoire qu’Il ne deviennent pas viciés comme les tombeaux des pharaons oubliés.
Extrait marquant
« Le Renard, en louant les efforts de la sculpture : “Belle tête, dit-il ; mais de cervelle point. »



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