de la Fontaine, je boirai de ton eau – Simonide préservé par les Dieux
Qui ne connaît pas les Fables de la Fontaine? Mais saviez-vous qu’il en existe plus de 200? Certaines sont connues de tous, alors que d’autres le sont beaucoup moins. Mais elles sont pour la plupart toujours d’actualités. Chaque semaine, nous vous proposons une réflexion, un regard, sur une des fables de la Fontaine.
Simonide préservé par les Dieux
La valeur n’a d’égale que ce qu’on lui rend, je ne saurais comment le dire autrement. À quoi bon récolter les louanges, si elles ne sont que vides pensées ? À quoi bon les punitions, si elles ne sont jamais sagement dispensées ? L’hypocrite n’est pas toujours conscient de l’être, et souvent, se met à concevoir qu’il en est même autrement; élogieuse approbation par sa main autant divine que lorsqu’elle s’abat dûment et jamais gaiement. J’en viens bien sûr à évoquer la différence entre la vedette et le prodige. L’un a du talent parce qu’on l’aime, et l’autre est aimé parce qu’il a du talent.

Quelle est la différence entre popularité et être aimé ? Est-ce simplement une question de nombre et de supériorité ou n’y a-t-il pas un détail plus profond, une étincelle plus significative que le feu des projecteurs ne peut éclairer ? Il faut apprendre à ne pas confondre la gloire et le mérite, car nombreux sont les généraux qui furent médaillés pour les prouesses de leurs soldats. Ne nous estropions pas à rechercher l’approbation qui nous enchaîne à la validation, alors que nous ne voulons que reconnaissance et respect. Les dons de soi méritent l’appréciation, certes, néanmoins la quête doit être tout autre. Les trophées sont dépourvus de sens pour l’artiste au même titre que la médaille pour l’athlète.
Les Grecs avaient coutume – outre les œuvres et les écrits; ces prouesses de l’esprit que l’on leur reconnaît encore aujourd’hui – d’organiser des jeux pour honorer le Panthéon des Dieux. Un esprit sain dans un corps sain; qu’ils soient érudit et aguerri. Pourtant, que conservons-nous vraiment de l’héritage de cette époque glorieuse ? Tant d’écrivains retrouvés et de sportifs oubliés; autant de héros de guerre vénérés et d’alchimistes visionnaires immolés. On dit que chacun à ce qu’il mérite. Cependant, il arrive que l’on ait juste ce que l’on nous permet. Si ce n’est avec la valeur du corps ou de l’esprit que l’on pèse les vivants, j’espère simplement qu’on ne l’évalue pas par son poids en or ou en argent.
Extrait marquant
« Les grands se font honneur dès lors qu’ils nous font grâce. »



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